La thérapie de couple 

Quand le couple va mal, on s’enfonce dans un maquis de contradictions insolubles. Chacun, à l’affût des comportements négatifs de l’autre, devient aveugle à ce qui reste positif.

Le seul moyen de mettre un terme à cette situation est d’introduire un élément étranger dans le système, c'est la fonction du thérapeute de couple. Son rôle est de déstabiliser les forces en jeu, d’installer un nouvel équilibre fondé sur de nouvelles règles. Chaque conjoint a alors devant lui un interlocuteur imperméable à ses manœuvres : celui qui s’enferme dans le silence devra s’exprimer. Tel autre, plutôt dans l’agressivité, sera ramené à sa colère. Ce tiers auquel les couples peuvent s’adresser est le thérapeute.

Jeux de rôle

 

Confronter les rancœurs, les demandes…, voilà ce que la thérapie permet aux conjoints. Face à eux, en position d’arbitre, le thérapeute.

Certains professionnels commencent par faire écrire à chaque participant sa définition du couple, ce qu’il en attend. On confronte les deux. D’autres utilisent les jeux de rôle. « Quand nous avons entamé notre thérapie de couple, je craignais de me dévoiler devant mon mari, explique Mme X.      Comme nous vivions une crise, j’avais peur de lui donner des armes contre moi. Or, nous avons commencé par des jeux de rôle. La thérapeute Paulette Richard-Rivierre nous proposait de rejouer devant elle une dispute que nous avions eue. Puis, nous revivions cette scène, en échangeant nos places ».

De manière générale, le choix d’un partenaire est lié à notre histoire. Le sentiment amoureux tire son origine dans l’histoire du manque initial qui, par définition, ne saurait être comblé.

 

Réapprendre à se parler, à s’écouter

« On n’arrive plus à se parler », « On n’est jamais d’accord », « Nos échanges sont de plus en plus violents »…  Une situation de souffrance que connaissent beaucoup de couples au bout de dix ans de mariage. Mais lorsque un couple vient me consulter, c’est déjà bon signe, car cela signifie qu’ils ont décidé de faire une démarche ensemble, donc que le travail est déjà engagé. Ce qui ne va pas les empêcher de se reprocher mutuellement cette souffrance et de se déclarer chacun victime de cette perte de communication ! 

Bien souvent, une première consultation est ponctuée d’une litanie de plaintes, de lamentations et de ressentiments plus ou moins clairement exprimés. L’échange avec Stéphanie et Julien a été assez vif, et j’ai été obligé de leur rappeler que je n’étais pas là pour les juger et décider qui avait raison ou tort, mais pour les accompagner dans leur démarche. 

Comment ?

 

Tout dépend de l’orientation du thérapeute, car son approche peut être systémique (le couple est replacé dans le « système » familial), analytique (on analyse les comportements passés), comportementale (on travaille sur les comportements de chaque partenaire et le fonctionnement du couple dans la vie quotidienne) ou sexothérapeutique (on travaille sur la sexualité des partenaires).

Tous les thérapeutes n’ont pas cette approche intégrative. En revanche, l’approche comportementale est commune à toutes les pratiques. « Beaucoup de couples nous demandent des “trucs pour aller mieux”. C’est pourquoi les praticiens assument aussi une fonction de conseiller conjugal et proposent des exercices à faire à la maison, comme écrire une lettre à l’autre, se lancer dans des activités inhabituelles en vue de casser la routine et de se redécouvrir ensemble, les inviter à répéter les mots que l’autre prononce pendant les disputes pour apprendre à mieux comprendre son raisonnement… En raison de ce travail personnel, le rythme des séances n’est pas le même que dans une thérapie individuelle : elles sont généralement espacées de trois semaines ou d’un mois, pour que le couple puisse mettre en actes ce qui a été travaillé au cours des entretiens. »

La thérapie de couple invite, quel que soit le nombre d’années de vie commune, à regarder différemment son partenaire. A s’entendre dire les mots que l’on avait du mal à formuler, à comprendre des attentes intimes, à exprimer des désirs enfouis. On y réapprend à se parler et à s’écouter.

On avouera, par exemple, que si l’on reproche à son compagnon de sortir avec ses copains, c’est parce que, dans le fond, on a le sentiment qu’il ne nous regarde plus. On pourra aussi l’entendre préciser que, s’il ne parle jamais de son travail, ce n’est pas par mépris, mais pour ne pas nous inquiéter.

A chacun ensuite de corriger ses habitudes de vie.

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© 2016 Paulette Richard-Rivierre